Travail le dimanche : « garantir le droit au repos dominical »


23 mai 2013

Les femmes ont-elles droit au repos dominical ? C’est la question que nous sommes en droit de nous poser suite au courrier envoyé par plusieurs députés socialistes (dont une seule femme) à Michel Sapin, Ministre du travail, pour lui demander l’ouverture, le dimanche, des magasins de bricolage en Ile-de-France.

Quelques semaines seulement après le vote à marche forcée de l’ANI (Accord National Interprofessionnel) instaurant plus de flexibilité, de précarité pour l’ensemble des salariés et singulièrement des femmes, nous nous élevons contre une telle proposition pour le moment repoussée par le Ministre.

Ces députés socialistes parlent de travailleurs volontaires, mais où est le libre-choix quand les caissières de ces magasins sont payées une misère et sont contraintes de travailler le dimanche pour gagner quelques euros de plus, quitte à sacrifier leur vie de famille, leurs loisirs. Chacun-e sait, en ces temps de crise, combien il est difficile de pouvoir refuser de travailler le dimanche, quand le patron menace de sanctions ou en profite pour exercer un chantage à l’emploi.

Les dérogations et les aménagements permis dans certaines zones géographiques sont déjà suffisamment nombreux, il est plus urgent que le gouvernement inscrive à l’ordre du jour, la proposition de loi des sénatrices et sénateurs communistes, garantissant le droit au repos dominical, adoptée par le Sénat, et donc par l’ensemble de la gauche, en décembre 2011.

Au lieu de répondre aux sirènes du MEDEF, d’imposer toujours plus de flexibilité à celles et ceux qui produisent les richesses, il serait temps pour le gouvernement d’augmenter le SMIC, les minima sociaux et de prendre des mesures afin de réduire les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes.

La marche des femmes contre l’austérité, le 9 juin prochain à Paris, est plus que jamais d’actualité.

Laurence Cohen, Responsable nationale de la commission Droits des femmes et Féminisme au PCF,