Roms : La gauche doit cesser de se placer sur le terrain de la droite.


30 septembre 2013

Communiqué de Presse

Emboîtant le pas à Fillon et Estrosi, Manuel Valls a franchi un palier supplémentaire dans l’escalade légitimant le discours sécuritaire et xénophobe, bien partagé par les temps qui courent. Après les musulmans accusés d’être incompatibles avec les règles de la laïcité voire de la démocratie, voilà les Roms déclarés non intégrables à la société française. Pourtant, selon une étude récente les Roms en France seraient moins de 17.000 personnes regroupées dans moins de 400 sites. Ces familles, dans le plus cruel dénuement, doivent être aidées avant d’être montrées du doigt et désignées à la vindicte populaire.

Ils ne demandent rien d’autres que la France soit fidèle à son message universel de fraternité et d’égalité. Les accueillir dans des conditions décentes d’habitat , permettre à leurs enfants d’être éduqués au sein de l’école de la République, changerait la donne et créerait les conditions d’une intégration réussie, comme nous y oblige le traité de Schengen puisqu’il s’agit, faut-il le rappeler, d’européens.

Deux remarques : l’une d’ordre éthique et l’autre d’ordre politique.

  Quelle est la prochaine étape dans l’acharnement à l’égard de ces pauvres gens, victimes partout des pouvoirs et des bien-pensants ? L’enfermement ou pire encore ?

  L’UMP et bien d’autres dont un ministre emblématique courent après Marine le Pen en pensant naïvement servir leurs intérêts électoraux. En réalité ils construisent pierre à pierre le marche pied qui conduit « les loups à entrer dans Paris » pour reprendre le refrain de la très belle chanson de Serge Reggiani, c’est-à-dire permettre à l’extrême droite et la droite extrême de faire main basse sur notre République pour mieux sauvegarder les privilèges des oligarchies financières qui dominent l’Europe actuelle.

Car pendant ce temps où l’on désigne à la vindicte populaire des boucs émissaires, les affaires continuent et jamais les dividendes versés aux actionnaires des sociétés cotées en bourse n’ont été aussi élevés. « La violence des riches » (livre Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ) s’exerce sur tous : les immigrés, les Roms mais aussi les salariés, les chômeurs, les précaires…

Être de gauche, aujourd’hui, ne consiste pas à diviser les victimes de ce système profondément inégalitaire, mais à les rassembler afin, tous ensemble, de changer la vie.

Caen le 28 Septembre