RETRAITES : MANIFESTATION 10 H 30 PLACE ST PIERRE A CAEN

RETRAITONS JUSTE

Partout en France, nous sommes appelés à manifester mardi 27 mai pour dire notre ras-le-bol de choix libéraux et d’une politique qui détruisent nos vies, en France, en Europe et dans le monde. Les gouvernements font payer la crise aux peuples mais ce n’est pas la crise pour tous. Au contraire c’est le double jackpot pour les marchés : les banques ont reçu, en Europe, 1700 milliards pour renflouer leurs caisses et maintenant, après avoir saigné les particuliers, elles s’attaquent aux états. Pas question de laisser faire. C’est particulièrement vrai avec la réforme des retraites de la droite. Le Parti communiste apporte son soutien aux manifestants et présente ses analyses et propositions pour une alternative de gauche sur les retraites Retraites et crise du capitalisme


23 mai 2010

RETRAITONS JUSTE

Les développements de la crise qui secoue l’Europe montrent tout l’intérêt qu’il y a dans le débat sur les retraites à pointer l’importance d’une taxation des revenus financiers. Les banques et certains de leurs clients – gros patrimoines et grands groupes –, les compagnies d’assurances et les fonds d’investissement de l’Hexagone sont parmi les plus importants créanciers de la Grèce et aussi de l’Espagne et du Portugal.

Dans l’anonymat des marchés financiers, ils ne sont pas les derniers à engranger intérêts et plus-values somptueux de leurs opérations sur les titres de dette publique. Ils empruntent bon marché et prêtent cher  ! En 2008, le total des revenus financiers encaissés par les entreprises non financières et les institutions financières s’est élevé à 260 milliards d’euros, ce qui équivaut à environ 13 % du PIB. C’est considérable, mais en 2009 ils ont fait mieux encore. La taxation des revenus des profiteurs de la crise relève ainsi quasiment d’un « impératif catégorique ». Ce serait une mesure de justice et bien plus encore. Cette spéculation est aujourd’hui, pour le capitalisme, comme une drogue dont il ne peut se passer. Il réalise d’énormes profits financiers qu’il accumule et il les accumule pour réaliser des profits financiers encore plus élevés au détriment de la croissance et de l’emploi.

Il est impératif de taxer la finance

Aussi, la taxation de ces revenus à un taux équivalant à celui de la cotisation patronale vieillesse (8 %), qui rapporterait près de 23 milliards d’euros, aurait des vertus purificatrices, elle permettrait un début de désintoxication des « accros » à la croissance financière. Elle contribuerait à réorienter l’argent vers les besoins sociaux. En même temps, il est encore plus décisif d’insister sur cet autre impératif que devrait constituer une réforme de l’assiette des cotisations patronales pour la protection sociale. Il s’agirait de faire de ces cotisations davantage qu’un prélèvement sur la richesse créée  : un stimulant, un incitateur à créer encore davantage de richesses de manière efficace. Dans ce but, on modulerait le taux de cotisation de telle sorte que les entreprises qui limitent les salaires et licencient soient assujetties à des taux beaucoup plus lourds. Inversement, les entreprises qui développent les emplois, les salaires, la formation, seraient assujetties à des taux relativement plus bas. Le dernier rapport du COR (Conseil d’orientation des retraites) l’a montré  : il n’y a point d’avenir pour nos retraites si l’on ne relance pas la croissance réelle et cette base pérenne et féconde de financement que constituent l’emploi, les salaires, les qualifications avec les élévations de productivité que celles-ci permettent.

La gauche doit être présente

Un bras de fer s’annonce sur les retraites entre le gouvernement et le monde du travail. L’inquiétude taraude la société, alors que les projets précis du gouvernement ne sont pas encore clairement exposés. Leur finalité est néanmoins connue  : le report de l’âge donnant droit à une pension à taux plein, ce qui, chacun le déduit aisément, conduira à une détérioration générale des conditions de vie des retraités. Un grand nombre de salariés seront dans l’incapacité de quitter leur vie professionnelle en remplissant toutes les conditions exigées, autant d’obstacles à franchir dans un parcours du combattant jonché de points de décote. La mobilisation populaire en est à ses débuts. Il est urgent que se développe le débat public autour des propositions alternatives à l’offensive du gouvernement, notamment sur l’élargissement des sources de financement. Il y sera question de civilisation, car les coups de bélier que la droite s’apprête à porter ébranleraient la société à ce niveau. Indigence pour des millions de retraités, épuisement de salariés trop âgés. Surexploitation des jeunes. Ou la pérennité de notre système de retraite fondé sur la solidarité inter générationnelle et consolidé par une contribution plus forte du capital, tel est l’enjeu de la bataille qui va être livrée au cours de ces prochains mois.

Dans cette bataille, la gauche est présente, même si toutes les questions ne sont pas encore clarifiées au Parti socialiste, au sein duquel des voix qui sont loin d’être marginales se prononcent pour le report de l’âge légal au-delà de 60 ans. Le Parti communiste a pris l’initiative de 1000 débats sur ce thème d’ici juin. Il est totalement engagé dans le front unitaire -http://exigences-citoyennes-retraites.net/ . Avec les autres formations du Front de gauche, il compte sur le renversement de l’opinion et des citoyens pour ériger un rempart contre la croisade antiretraite solidaire de la droite et pour ouvrir une alternative.