Projet d’agglomération : Intervention de Joël JEANNE, Maire adjoint de Mondeville, Elus communistes et républicains de Caen la mer


17 juillet 2009

M. le Président, mes chers collègues,

Le débat de ce soir et les engagements que nous allons prendre doivent mettre en perspective une volonté commune de développement solidaire de notre territoire. C’est en ce sens que s’inscrit le positionnement des élus communistes et républicains de Caen la mer.

Ce projet d’agglomération en s’appuyant sur le travail conjoint du « groupe projet » en lien avec les services et les commissions, nous permet d’appuyer notre analyse sur un état des lieux partagé et d’en partager les priorités.

Plusieurs dimensions du débat doivent être de notre point de vue mises en avant : Tout d’abord, la dimension économique et sociale de notre agglomération Nous sommes aujourd’hui confrontés à une crise économique sans précédent qui accroît les inégalités et les injustices de toutes sortes, l’explosion du chômage sur notre agglomération dans la dernière période (+30% en un an) en témoigne.
  suppression de 105 emplois chez Valéo
  fermeture d’Erikson où l’Etat est actionnaire
  fermeture du centre européen de recherche de SEB délocalisé à Dijon (60 emplois de techniciens) Des entreprises qui bénéficient de financements publics et dont il faut en contrôler l’utilisation. Notre responsabilité est engagée, nous devrons faire en sorte que les actionnaires rendent des comptes aux salariés et aux contribuables.
  à cela s’ajoute les licenciements de tous les intérimaires de la filière auto, variable d’ajustement des politiques sociales des constructeurs (800 à Renault Trucks)

Pour appréhender cette dimension économique et sociale du projet, je souscrirai à deux idées fortes développées dans le rapport :
  celle d’un « projet de territoire fondé sur la cohésion territoriale et la cohésion sociale » et parallèlement
  celle du développement des « coopérations et des complémentarités » entre notre « agglomération, les villes et territoires environnants ». Il faut en effet s’appuyer sur nos atouts et nous inscrire contre la concurrence des territoires et des hommes, contre les ravages d’un système libéral à bout de souffle. Notre projet d’agglomération mis en œuvre avec cette détermination peut être un contre-poids pour s’opposer à ces logiques. Pour les élus communistes, le développement économique n’a de sens que s’il y a en parallèle développement social. C’est à dire construction de logements sociaux, renforcement des services et équipements publics (transports, culture..) avec comme objectif la réduction des inégalités sociales et territoriales.

Il y a, en effet, besoin de volonté politique pour relever les défis qui nous attendent : à savoir travailler à la reprise de la croissance de l’emploi avec une accessibilité aux jeunes souvent obligés de quitter la région, le développement et la diversification de l’habitat en tous points du territoire pour faire face à l’explosion de la demande, le développement du transport public avec le renforcement de la ligne 1 de TCSP et la mise en œuvre de la ligne 2, une politique tarifaire plus égalitaire, mise en place des PDE/PDA, une accessibilité renforcée, des politiques ambitieuses pour le sport, la culture, notre environnement et notre cadre de vie.

Ces grandes orientations devront s’appuyer sur des moyens financiers renforcés et nous mettons au débat l’augmentation du taux de TPU (avant la suppression annoncée de celle-ci) La mise en oeuvre de nos choix politiques en direction des habitants contribue à la croissance de la richesse nationale en lien avec l’activité économique. C’est en ce sens que nous réaffirmons que les entreprises doivent continuer d’assumer leur responsabilité sociale et territoriale. Le projet de suppression de toute contribution locale des entreprises à l’effort de création et d’entretien des infrastructures et équipements publics est un non-sens (faut-il le rappeler ?) économique et social, un parti pris politique dommageable pour le devenir de nos collectivités.

A propos de « l’émergence d’une nouvelle gouvernance territoriale » Nous-nous inscrivons dans l’appréciation affirmée dans le document, à savoir que « la véritable dynamique du projet de Caen la mer ne sera atteinte que s’il est porté par une gouvernance partenariale et ouverte, s’appuyant sur une adhésion de ses habitants. La création d’un Conseil de Développement conjoint avec le Syndicat Mixte Caen Métropole et la multiplication des lieux de débat public sont des actions d’accompagnement indispensables pour la réussite de ce projet, son appropriation par les habitants de Caen la mer et son appropriation par les territoires voisins. » Ces 2 éléments : débat public et création du Conseil de Développement vont permettre, j’en suis convaincu, d’enrichir les orientations que nous prenons ce soir et de rendre la population actrice de nos choix. La mise en œuvre des projets s’en trouvera renforcée. En effet, permettre aux citoyens qui recevront leur taxe additionnelle d’appréhender ces grandes orientations est pour les élus communistes incontournable. Il appartient, à juste titre, à notre Communauté d’Agglomération d’ouvrir ce débat public, dans l’esprit de celui qui s’est tenu sur le devenir du réseau bus cet automne, afin de donner aux habitants les éléments leur permettant d’apprécier la pertinence des actions engagées sur leur vie quotidienne et ainsi de les inscrire dans le temps. Nos concitoyens auront enfin leur mot à dire sur le logement, le travail, les déplacements, les loisirs, la qualité de vie. Ces échanges devront être aussi l’occasion de poser les problématiques liées à la réforme annoncée de la TP et les incidences sur le développement de notre agglomération. La démocratie, est pour les élus communistes, une valeur ajoutée et le moyen avec l’action publique, de faire bouger les lignes en particulier pour lever les obstacles financiers liés au désengagement continu de l’Etat, je pense au logement et au transport public où nous aurons à intervenir.

Nous voterons ce projet d’agglomération en ce sens qu’il sera demain un projet partagé par tous les habitants, un projet ambitieux pour tous les usagers du territoire.