Primaires socialistes, rejet de Sarkozy et volonté de décider

La participation élevée enregistrée par les primaires socialistes apporte deux confirmations. La première atteste de la profondeur du rejet de Nicolas Sarkozy, l’envie de tourner cette page au plus vite. C’est sans doute ce qui a permis à François Hollande de l’emporter largement. La seconde confirme un appétit de politique, au sein de l’électorat de gauche, qui, même s’il a été dévoyé vers une compétition de personnes, ne devra pas être sous-estimé durant la campagne électorale.


18 octobre 2011

Ces électeurs et ces sympathisants du PS, en premier lieu, mais aussi, quelquefois, du Front de gauche ou d’EELV, veulent un vrai débat sur le fond..

Les questions sur les licenciements boursiers, la nationalisation des banques, l’instauration de la taxe Tobin, le contrôle de l’usage des fonds publics ont pris une place importante dans le débat. Elles ne pourront être balayées sous le tapis.

Quant aux aspirations sociales, en faveur du rétablissement de la retraite à soixante ans ou de l’augmentation substantielle des salaires, elles seront au cœur des interpellations aux candidats.

Cette première dans notre vie politique présente un double visage. Elle peut être vécue comme une soumission au régime présidentialiste que François Mitterrand avait dénoncé comme « un coup d’État permanent », et qui se montre à bout de souffle dans la version caricaturale que porte Nicolas Sarkozy. Elle est le signe d’une aspiration forte à élargir les champs de la souveraineté et de l’intervention citoyenne comme l’a démontré le référendum de 2005.

Les primaires sont certes l’affaire du PS, mais les débats ont montré que cela concerne toute la gauche. Elles ont montré les nombreuses attentes et exigences à l’égard de la gauche.

Or la véritable "primaire", si l’on peut dire, aura lieu lors du premier tour de l’élection présidentielle. Et ce débat ne fait que commencer. Il doit désormais franchir un nouveau palier, afin de permettre à toute la gauche d’être à la hauteur des enjeux et des aspirations.

C’est pourquoi j’appelle à poursuivre le débat, en y incluant toutes les propositions qui sont sur la table, dont l’alternative incarnée par le Front de gauche et son candidat à l’élection Présidentielle Jean-Luc Mélenchon.

Ce que nous avons entendu lors des débats n’est pas sans poser question quant à ce que devra faire la gauche au pouvoir. Alors, ensemble, construisons la gauche dont nous avons besoin, une gauche offensive et courageuse pour transformer la société, une gauche porteuse d’un projet et portée par un mouvement populaire qui lui permettront de l’emporter face à la droite et à l’extrême droite.

Jean Lebon Secrétaire de la fédération du Calvados du PCF

Caen le 17 octobre 2011