Pierre Laurent multiplie les prises de position

"Pour un rassemblement des forces de gauche opposées à la politique gouvernementale"


5 mai 2014

Le 2 mai.

Pour la deuxième fois en moins d’une semaine, le Secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a appelé mercredi les forces de gauche qui ne « se reconnaissent » pas dans la politique « illégitime » menée par Manuel Valls à travailler « ensemble ».

« Le vote d’hier (mardi à l’Assemblée nationale ) signifie que le Premier Ministre n’a pas de majorité de gauche pour soutenir sa politique. Il y avait 340 députés de gauche à l’Assemblée nationale, 260 ont soutenu sa politique et 80 ne l’on pas votée », a indiqué Pierre Laurent lors d’une conférence de presse.

« Le Président de la République, prend la responsabilité au lendemain d’un désaveu massif des électeurs de gauche, lors des élections municipales, d’imposer une politique qui n’a pas de majorité populaire dans le pays et qui n’en a même plus dans le Parlement », a lancé Pierre Laurent.

« Manuel Valls peut répéter autant qu’il le veut "j’assume cette politique", ça ne change rien sur le caractère illégitime de celle-ci » a ajouté le dirigeant du PCF.

Pour Pierre Laurent, « en réalité, ceux que l’on appelle "les frondeurs" ce sont eux qui sont restés fidèles aux attentes du pays en 2012. Parce que le Président a été élu par les voix de toute la gauche ».

Incisif, Pierre Laurent a asséné que « ceux qui désertent ce terrain là et qui s’en éloignent c’est le Président de la République, son Premier Ministre Manuel Valls, et ceux qui décident de mener cette politique ».

Face à cette situation, le Secrétaire national du PCF répète alors que « le seul moyen de résoudre la situation du pays est de travailler avec toutes les forces de gauche qui ne se reconnaissent pas dans cette politique, afin de reconstruire ensemble un projet politique pour la France alors que François Hollande et Manuel Valls ont décidé de tourner le dos aux valeurs de la gauche ».

Pour celui qui est également Sénateur de Paris, si ce rassemblement ne s’opère pas, « ce sera un boulevard ouvert au retour de la droite et à l’installation durable du FN ». Solennel, le chef de file des communistes estime que ce serait alors une « défaite » qu’il « n’accepte pas ».

Les propos du Secrétaire national du PCF sont au coeur de la problématique de la Gauche alors que le Premier Secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a livré hier un vibrant plaidoyer pour l’unité des socialistes, derrière la politique gouvernementale, sans laquelle « rien n’est possible » et qui est la condition du « réformisme ».

« Sans l’unité, rien n’est possible. Avec l’unité, tout est possible. Oui, cela dépend de nous », a lancé Jean-Christophe Cambadélis.

« Soit nous avançons unis soit nous serons défaits, désunis », a insisté le Premier Secrétaire, alors que 41 Députés socialistes se sont abstenus mardi sur le programme de stabilité d’ici à 2017 présenté par Manuel Valls.

Par ailleurs, Pierre Laurent a également réclamé un « débat public » sur la réforme territoriale annoncée par Manuel Valls.

Le Sénateur de Paris a, là aussi, fustigé « la brutalité de l’annonce du projet de réforme » par le Premier Ministre. Pour lui, il s’agit ni plus ni moins d’un « big-bang institutionnel qui va redessiner tout le paysage de la République ».

« Aujourd’hui, nous disposons d’un maillage démocratique que le gouvernement veut faire exploser au profit d’un schéma basé sur de grandes régions soumises à la concurrence, en rupture avec la tradition républicaine d’égalité sur le territoire » a-t-il regretté lors d’une conférence de presse.

Selon Pierre Laurent, le PCF est « disposé à travailler sur un autre projet » et va mener, après les élections européennes du 25 mai, « une grande campagne d’interpellation publique, d’intervention citoyenne sur ces enjeux ».

La Marseillaise, le 2 mai 2014