"Le droit opposable à l'énergie devrait être inscrit dans la la loi"

Valérie Gonçalvès

en charge de la commission énergie au PCF.


6 octobre 2014

Il est urgent de sortir l’énergie de la loi du marché et de la concurrence. Enjeux auxquels la loi en débat ne répond absolument pas. Bien au contraire. Elle participe à privatiser purement et simplement par exemple notre parc hydroélectrique (barrages). Or celui-ci contribue aux multi-usages de l’eau, comme la gestion des crues, la sécurité des biens et des personnes mais également elle permet de répondre aux exigences des périodes de pointe de consommation. Elle est notre première énergie renouvelable, sa braderie est inadmissible !

L’objectif de diminuer par deux nos consommations d’énergie à l’horizon 2030 est contestable ! Cette perspective est complètement incohérente d’une part avec l’évolution démographique de notre pays dont les prévisions s’acheminent vers 70 millions d’habitants en 2050 et d’autre part avec la satisfaction des besoins sociaux. Les baisses de consommation observées ne sont que les conséquences de la crise sur l’activité économique et l’augmentation de la précarité énergétique. Le PCF ne se résigne pas à désindustrialisation de notre pays. Cela suppose un accroissement de nos capacités de production et donc de consommation d’énergie.

La réduction de 30 % de nos émissions de CO2 d’ici à 2030 vient en contradiction avec l’objectif de vouloir réduire la part de l’électricité nucléaire dans le mix électrique. Axer la transition énergétique sur notre production d’électricité peu émettrice de C02 (9%), en raison du mix nucléaire et hydraulique, est aberrante.

Puisque qu’en France, les bâtiments et les transports, c’est 70% de notre consommation d’énergie, c’est dans ces deux secteurs qu’il est urgent d’agir ! Les énergies fossiles représentent aujourd’hui 69% de l’énergie finale consommée en France, les transports consomment près de la moitié de cette énergie, ils sont les premiers responsables de la croissance des émissions de gaz à effet de serre (42.000 décès prématurés seraient imputés à la pollution atmosphérique). Le report modal, le fret ferroviaire, les lignes secondaires, l’urbanisme en particulier l’étalement urbain, la faiblesse de l’appareil productif pour produire ou recycler (aciérie) qui nous contraint à importer la majorité de ce qu’on consomme ne sont pas abordés. Le transport reste le grand oublié de la transition énergétique.

Le recul du gouvernement sur l’écotaxe est éloquent ! En plus de faire supporter une taxe supplémentaire sur les particuliers, l’État se prive de recettes directement affectées aux infrastructures routières.

Quant à l’objectif d’une rénovation thermique de 500 000 logements par an, malheureusement force est de constater qu’aucun financement ne l’accompagne, sans parler de la nécessité de développer la filière industrielle (emplois et formation).

L’accès à l’énergie est un droit fondamental Il doit être reconnu comme tel ! Nul ne peut en être privé pour cause de pauvreté. Il devrait être inscrit dans la loi comme droit opposable !

Le PCF exige la création d’un pôle public de l’énergie comme acteur d’une politique de coopération industrielle visant le progrès social et répondant aux grands défis écologiques de la France, en Europe et dans le monde. Il faut que l’intérêt général prenne le pas sur les intérêts particuliers et l’enrichissement de quelques uns. En ce sens, il faut en finir avec le système de soutien direct aux ENR. Il faut, via des politiques publiques efficaces, tant en matière d’investissements que de recherche, créer des filières industrielles du renouvelable.

Enfin, la France doit être un des acteurs dans la relance de l’énergie nucléaire qui s’opère à l’échelle mondiale en y apportant son expertise et ses exigences en matière de sûreté.