La lettre des Elus Communistes et Républicains du Conseil Régional de Basse-Normandie


23 avril 2013

L’alternative à l’austérité est possible maintenant !par Jean CHATELAIS, président du groupe des élus communistes et républicains La situation économique et sociale dans notre Région, comme au plan national, est des plus préoccupantes. Les souffrances sont fortes chez nos concitoyens, que ce soient les jeunes, les précaires, les retraités ou les plus pauvres. Nous dénonçons depuis bien longtemps la formidable pression qui est exercée par le grand patronat et les forces politiques de droite qui les soutiennent : pression sur les choix budgétaires poussant à mettre en place une politique d’austérité pour financer l’immense déficit public créé en 10 années par la droite ; pression pour obtenir un choc de compétitivité en demandant 30 à 40 milliards d’allégement de charges pour les entreprises ; enfin, pression pour obtenir un accord historique visant à légaliser un recul du Code du Travail pour plus de flexibilité, plus de licenciements et une baisse des salaires. Ces mesures devaient relancer l’économie, aux dires de la droite. Nous pensons que le Gouvernement a trop largement cédé à cette pression, en y ajoutant en plus une ratification du Traité Européen qui nous amène à une pression supplémentaire, inacceptable, sur nos budgets. Nous l’avons déjà dit, ce n’est pas la bonne voie que celle de l’austérité. Nous avons dit que tous les pays européens qui y étaient contraints par l’Europe souffriraient encore plus, et c’est ce qui se passe. Et nous ne sommes plus les seuls à le dire. L’année 2012 s’est conclue avec une baisse du pouvoir d’achat pour l’ensemble des Français, l’ensemble des plus pauvres, et une hausse sans précédent du chômage. Malheureusement, l’année 2013 pourrait être semblable, voire pire. Pire, oui, c’est possible. Ainsi, si elle devait être acceptée par le Sénat, la loi sur la « sécurisation de l’emploi » pourrait bien produire des effets désastreux sur l’emploi. Dans de nombreuses entreprises de notre Région, le Patronat attend, comme nous l’ont confirmé de nombreux syndicats, pour imposer des accords dits de compétitivité dans la lignée de l’accord Renault, dont nous n’avons pas encore pesé les effets pour notre sous-traitance automobile, avec à la clef des saignées dans les effectifs, des réductions de salaires, plus de flexibilité et plus de précarité. C’est inacceptable, d’autant plus que ce mauvais coup qui va être porté à l’emploi servira uniquement à gonfler les profits et servir les intérêts des marchés financiers, qui d’ailleurs ne se sont jamais si bien portés. Le Groupe Communiste pense que nous pourrions faire autrement, et qu’une alternative à l’austérité, c’est possible, et c’est possible dès maintenant. Il faut pour cela taxer le capital des grands groupes et des banques en imposant un prélèvement égal à celui qui est fait sur les revenus du travail et en menant une vraie guerre à la fraude fiscale (40 à 60 milliards d’euros). Nous avons adopté une délibération qui porte sur l’intervention financière vers les TPE et PME. Notre Groupe était déjà intervenu en septembre 2011 sur cette question fondamentale. La création de ce fonds va permettre à la Région d’intervenir notamment auprès des entreprises dont la rentabilité moyenne est inférieure à 10,58%, ce qui n’est déjà pas mal (près de 50% des entreprises de notre Région). Entreprises qui portent de nombreux emplois, mais qui ne reçoivent aucun soutien des banques au prétexte que celles-ci ont décidé de favoriser leurs fonds propres au détriment de la souscription dans les fonds de Capital Investissement, ce qui est proprement scandaleux. C’est une politique soutenue par la droite. La création de ce fonds est une bonne chose, elle va répondre à un besoin de financement réel. Avec ce fonds et la BPI, nous allons nous doter d’outils économiques supplémentaires qui peuvent avoir une réelle efficacité et redonner confiance aux salariés. On peut trouver des alternatives à la dérive des marchés financiers. Il faut aller plus loin, par la loi, en obligeant le secteur bancaire à financer réellement l’économie et pas seulement les entreprises qui sont au dessus des fameux 10,58% de rentabilité. Pour sortir de cette crise économique, il faut intervenir sur le coût du capital et arrêter de penser que la seule solution est de réduire l’emploi et de le flexibiliser. Cette intervention de la Région aux côtés des TPE et PME participera à la relance économique que nos concitoyens attendent, avec un grand coup de pouce à donner à la progression du pouvoir d’achat. La recherche exacerbée par les marchés financiers d’un taux de profit toujours plus élevé gangrène notre vie politique. Elle met des milliers de travailleurs au chômage, elle favorise le profit de quelques-uns au détriment de l’intérêt collectif. Elle gangrène la vie politique jusqu’à certains individus plus préoccupés de satisfaire leurs propres intérêts financiers que de se préoccuper de l’intérêt de tous. C’est à cela qu’il faut mettre fin pour redonner à chaque citoyen le poids qu’il doit avoir dans notre République. Quand à l’acte III de la décentralisation, nous souhaitons que ce débat prenne une dimension plus nationale où l’on interroge les citoyens eux-mêmes sur ce qui doit être fait. Afficher un projet divisé en 3 parties, n’est-ce pas encore une fois mettre le débat à l’envers, en ne commençant pas par l’institution qui est la plus proche des citoyens, la Commune ? Il serait bon que nous ayons ici lors d’une séance un débat sur ce sujet.

Fonds stratégique régional, par Alain CIVILISELe renforcement de la structure financière des entreprises, là où la BPI ne pourra pas intervenir pour cause de rentabilité potentiellement faible, ne nous pose pas de problème. Mais quand même ! Je ne peux m’empêcher de souligner la profonde injustice sociale quand on constate que les entreprises sont jugées en difficulté lorsque leur rentabilité moyenne n’excède pas ou est inférieure à 10,58%, loin du taux d’inflation ! La crise n’est pas la même pour tout le monde… Dans la même période, le Livret A de la Caisse d’Epargne, si utile au logement social, même si son plafond est augmenté, voit son taux abaissé de 2,25% à 1,75% au nom de la « rigueur budgétaire ». Quand on sait que 46% des Livret A ont un montant inférieur à 150 €, on mesure là toute l’injustice sociale dont le peuple souffre avec les mesures d’austérité qu’il subit. Avec ce fonds, nous renforcerons le dynamisme des entreprises, pourquoi pas ? Mais il est temps de remettre la finance au service de l’économie réelle. Les intérêts des actionnaires, fussent-ils des épargnants, ne sont pas ceux des citoyens, ni même ceux des employeurs. La recherche de la rentabilité maximum est l’unique but de l’actionnaire, ce n’est pas celui de l’entreprise qui a pour objectif de produire des biens et des services, qui seuls sont créateurs d’emplois. Pour le Groupe Communiste, le conditionnement de l’intervention du Fonds Stratégique Régional doit prendre cela en compte.

Jeux Equestres Mondiaux 2014, par Marie-Jeanne GOBERTJe suis complètement rassurée sur le fait que ces 15 jours de compétition seront une réussite sur le plan sportif, parce que c’est le rôle principal du comité d’organisation, et de ce côté-là, je pense que nous sortirons grandis et regardés dans notre capacité à avoir organisée cette compétition dans les meilleures conditions, en lien avec le programme des bénévoles. Il faut souligner un point important de ces Jeux Equestres Mondiaux, c’est leur légitimité sur notre territoire, de par la spécificité de la Basse-Normandie. Un des enjeux majeurs pour nous est de se saisir de ces Jeux comme une opportunité de valoriser aujourd’hui ce qui existe dans la famille Cheval, dans cette filière. Parallèlement à cela est en mouvement le projet territorial, où un travail conséquent est mené afin d’organiser un évènement sportif de dimension internationale assorti d’un projet territorial. C’est extrêmement important pour nous au regard de ce que nous voulons laisser comme héritage, c’est-à-dire comment on a fait le choix de ne pas aller vers la construction d’un équipement surdimensionné à plus de 150 millions d’euros, mais sur celui de renforcer la filière, tout ce qui concerne les centres équestres, les centres d’élevage, la formation, la recherche… qui sont présents sur notre territoire, mais qui, pour certains secteurs, sont dans des situations économiques fragiles. On le sait, dans les centres équestres par exemple, un certain nombre de salariés complètent leurs revenus par le RSA. C’est une spécificité importante, c’est plus de 10.000 emplois, un poids économique important sur le territoire, mais dans le même temps, de nombreux salariés qui aujourd’hui sont dans une situation fragile. L’enjeu du projet territorial, c’est la mise en mouvement de tous les secteurs, qu’ils soient économiques, culturels, sportifs, éducatifs, … et de faire en sorte qu’on réfléchisse à porter d’une part des actions fortes en direction de l’ensemble de ces secteurs, mais aussi qu’on prenne garde à ne pas s’éparpiller. Quand on parle de renforcer la filière et la famille cheval, c’est comment en 2014, mais aussi après les Jeux, on aura veillé à renforcer la pratique de l’équitation dans toutes ses dimensions, de façon à renforcer l’économie des centres équestres. Comment on aura eu un plan de rénovation, de restructuration des centres équestres, comment on aura valorisé ce patrimoine par des évènements récurrents. Il y aura l’avant Jeux et l’après Jeux Equestres, il nous faut travailler dès maintenant sur des pistes d’actions, sur quelles sont les priorités que nous donnons en termes de renforcement de la filière. On a à mener cette réflexion aussi en lien avec les évènements équestres qui existent déjà sur notre territoire, et qui sont difficiles à pérenniser en termes de bénévoles, en termes d’équilibres financiers, de savoir comment les Jeux Equestres peuvent asseoir ces évènements et leur donner plus de public. Il est urgent que les Normands s’approprient cette spécificité qui est la leur, c’est que la Normandie est une terre de cheval.