LE CHANTAGE DE RENAULT.

Ce n’est pas la compétitivité qui est en jeu, c’est le profit.


11 décembre 2012

Le chantage de Renault.

Ce n’est pas la compétitivité qui est en jeu, c’est le profit.

Renault a commencé son opération en Espagne et la poursuit désormais en France. C’est un chantage, il n’est pas d’autre mot. Alors que l’Espagne comptera bientôt 6 millions de chômeurs, le groupe avait la partie belle pour, en échange de quelques centaines d’embauches, obtenir une baisse générale des salaires de 27,5% et une généralisation de la flexibilité. Il ne s’agit pas de mesures propres à la situation espagnole. Il prend appui sur cette bataille gagnée pour mener sa bataille de France et a dévoilé ses batteries voici quelques jours. Le maintien des sites de production contre des renoncements en matière de salaires, de contrats de travail, etc. C’est de ce point de vue, à juste titre, que le président du groupe communiste à l’Assemblée nationale pose cette question  : quelle est la position du gouvernement alors que l’État est actionnaire de Renault à 15%  ? On peut aussi se souvenir que Louis Schweitzer, qui a été lui-même le patron de Renault, déclarait, voici quelques jours, que le coût du travail n’était pas le seul critère de la compétitivité. Mais, au fond, ce n’est pas vraiment la compétitivité qui est en jeu. C’est le profit. Il n’y a pas un cas Renault, spécifique à la situation de l’automobile en France.

Nous sommes sous le coup d’une offensive du capitalisme absolument sans précédent, en France, où elle est revendiquée par le Medef, et à l’échelle de l’Europe. Elle vise à faire baisser, on vient de le voir, le coût du travail d’une manière drastique. À exploser la notion même de contrat de travail 
et les limitations horaires, à généraliser la liberté de licencier. Ils appellent cela faire sauter les verrous. En Espagne, où de telles mesures ont été adoptées, cela s’est traduit, dans la dernière période, par 300 000 suppressions d’emplois. En réalité, les dettes publiques, qui justifient les politiques d’austérité, la récession économique et donc, de nouveau, le gonflement des dettes, ne sont pas la cause de la situation que connaît l’Europe. Ce n’est pas pour y faire face qu’il faudrait prendre de telles mesures concernant le travail. Non, c’est l’inverse. Les dettes publiques et les politiques d’austérité sont mises à profit (c’est bien le mot) pour imposer aux peuples de l’Europe une régression sociale sans égale. Et, il faut l’ajouter, une formidable régression démocratique. La dégradation de la note de la France par l’agence Moody’s est un programme économique et politique que les marchés financiers entendent nous imposer.

Mais c’est aussi ce qui se passe au niveau européen où sont aux commandes, à de multiples niveaux, les mandataires de ces mêmes marchés. Le sommet budgétaire des 22 et 23 novembre aurait buté, dit-on, sur l’intransigeance de Londres, qui voudrait une politique de restrictions. Mais c’est aussi la position de madame Merkel, c’est aussi celle du président du Conseil européen, le navrant M. Rompuy.

Où est la politique de relance de la croissance que François Hollande se faisait fort d’avoir obtenue en échange de son ralliement au traité d’austérité  ? L’ampleur des récentes manifestations en Europe avait amené plusieurs commentateurs, même libéraux, à s’inquiéter de ces politiques d’austérité.

C’est sans doute la preuve qu’il n’y a d’autre chemin, face à cette offensive, que la résistance et la mobilisation des