Intervention de Jean Lebon secrétaire de la fédération du Calvados au conseil départemental le 23 Septembre 2009.


6 octobre 2009

Situation sociale

La principale donnée de la situation sociale en cette rentrée est la confirmation du caractère extrêmement profond et durable de la crise capitaliste. Cette situation confirme nos analyses. C’est évidemment un constat important. L’analyse des causes et de la nature de cette crise, et donc le débat sur les solutions à mettre en œuvre, continue d’être l’objet d’une intense bataille idéologique.

Le gouvernement tente toujours d’exonérer le système de ses tares profondes et entretient en permanence le mythe d’une sortie de crise à portée de main. Christine Lagarde encore hier sur les ondes des radios nous assurait que la reprise était au rendez-vous. Dans le calvados les entreprises de l’automobile et les sous traitants sont toujours au ralenti et les salariés subissent encore des baisses de salaires importantes. Nous devons éclairer sans relâche ces mensonges si nous voulons construire des rassemblements victorieux autour de véritables politiques de lutte anti-crise.

Non, la reprise n’est pas au rendez-vous, pas pour tout le monde. En matière d’emplois, tous les chiffres et toutes les prévisions sont alarmantes. Le nombre de chômeurs en France a explosé en un an, soit une hausse de 22,5%.

Dans le calvados c’est + 21,1% en Juillet 09 demandeurs d’emploi. Pour les - de 25 ans + 31,1 %, + 48 % pour les jeunes hommes… Les Chiffres ne tiennent pas compte de la rentrée sur le marché du travail.

Il faut bien mesurer ce que cachent ces chiffres très globaux en matière de taux de chômage dans les quartiers populaires ou parmi les jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

En vérité, les seuls signes de reprises détectés c’est la bonne tenue des marchés boursiers et le renflouement des trésoreries des groupes du CAC 40, autrement dit la relance de l’enflure financière précisément à l’origine de la crise.

La politique gouvernementale aggrave tous les jours le mal, car ses seules boussoles restent en réalité la pression contre le travail et l’encouragement pour le capital, les profits et les rendements financiers.

Pressions contre le monde du travail ;

- avec le travail du dimanche

- contre les libertés syndicales

- contre les salaires avec le blocage du SMIC,

- contre les niveaux de protection sociale, avec par exemple L’augmentation du forfait hospitalier, le non remboursement de certains médicaments, l’attaque indécente contre les annuités pour enfants dans le calcul de la retraite des femmes, ;

- contre les services et l’emploi publics, avec en cette rentrée la dégradation planifiée de l’offre publique d’éducation ; suppression de postes d’enseignants ou d’éducateurs spécialisés, qui entraine de facto la fermeture de classes et la réduction de l’accueil des enfants âgés de moins 3 ans ;

- contre l’investissement public à tous les niveaux, avec l’asphyxie des collectivités locales.

- Contre la démocratie : Le coup de ciseaux dans la carte de France prévu par le projet gouverne¬mental va mettre à mal l’organisation institutionnelle de nos territoires. Brice Hortefeux, a rendu public « un avant-projet de loi relatif aux collec¬tivités territoriales ».

Celui-ci conduirait, en l’état et à terme, à un véritable bouleversement de l’organisation institutionnelle de nos territoi¬res remettant en cause ce qui fait l’originalité de notre pays. Même s’il n’est pas indiqué, noir sur blanc, la fin des départements, ce qui demanderait une révision constitutionnelle, avec ce pro¬jet, c’est la mort programmée des départements et des communes.

La réforme des collectivités territoriales, qui des¬sine la France dans laquelle nous vivrons demain, permettra-t-elle de faire vivre la démocratie locale ? Avec ce projet on peut craindre le contraire… quoi qu’il en soit, là est l’enjeu.

Tout nous appelle à amplifier ce travail de propositions et de projets : l’ampleur de la crise capitaliste, l’urgence de réponses sociales, économiques, démocratiques, écologiques à cette crise, l’échec et la nocivité de la politique Sarkozy…

Faire émerger un projet politique de changement, c’est indissociablement faire grandir des majorités de luttes et d’idées sur des solutions alternatives à la crise capitaliste, et les constructions politiques capables de les porter jusqu’à leur mise en œuvre.

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