INTERVENTION de Jean LEBON Secrétaire de la fédération du Calvados du PCF


30 juin 2010

Mes chers amis, vous comprendrez qu’avant même d’ouvrir mon propos d’accueil, je souhaite dire au peuple palestinien :

« Nous sommes à vos côtés, nous partageons votre soif d’indépendance et de liberté. Notre amitié et notre mobilisation vous sont acquises, »

Paix et liberté pour le peuple palestinien !

Mesdames, Messieurs chers amis, chers camarades.

Tout d’abord vous dire mon plaisir de vous accueillir à cette nouvelle « Fête des coteaux ». Lieu de fête, d’échanges, de rencontres, de débats, de mise en commun d’idées, d’initiatives. Temps fort dans la vie politique du Calvados rendu possible avec l’investissement, le travail des communistes, des militants, des bénévoles qui l’ont construite.

La période que nous vivons est marquée par la crise systémique du capitalisme.

Les exigences de rentabilité maximum des marchés financiers creusent les inégalités, nourrissent toutes les injustices. Les coupures d’électricité de gaz ne cessent d’augmentées 30 fois plus qu’en 2008 et nous ne sommes qu’à la moitié de l’année. Le Secours populaire, les restos du cœur crient leur détresse devant leurs rayonnages de nourriture vidés par la pauvreté.

Les licenciements des uns provoquent la hausse des profits des autres.

La baisse des impôts pour les riches et les cadeaux fiscaux au patronat se doublent de centaines de milliards d’euros publics injectés pour doper les marchés financiers.

Cette soumission absolue de notre société aux diktats de ces marchés a un prix : celui que paie notre peuple au travers d’une précarisation grandissante à tous les âges de la vie. Car il n’y a pas de magie dans tout ça, l’argent qui déborde chez Lilianne Bettencourt, sur les terrains de foot, à la société générale, vient bien de quelque part :

- sur le dos des retraités qui voient leur pension fondre comme neige au soleil.
- sur le dos d’une jeunesse dont l’âge moyen pour atteindre un CDI, ou quitter le domicile des parents ne cesse de s’allonger.
- sur le dos des salariés, et des femmes en particulier, dont la précarité devient la norme.
- sur le dos des peuples de continents entiers, à l’image de l’Afrique rendue exsangue par les pillages des multinationales.

A l’heure où l’on nous parle d’efforts à faire et d’austérité pour le plus grand nombre, pour une minorité c’est toujours plus d’abondance, la presse nous apprend que la crise financière n’est plus qu’un mauvais souvenir pour les millionnaires, que les fortunes ont progressé et devraient continuer à le faire. Mais cela ne leur suffit pas !

Dans ce contexte de crise systémique, où les États se sont endettés pour sauver les banques, ils veulent passer un cap dans la remise en cause des droits sociaux et des services publics.

Ils veulent remettre en cause les fondements même de notre démocratie pour déposséder les citoyens de leur souveraineté, au profit des "agences de notations" qui aujourd’hui imposent leurs décisions. Cette logique, est mise en œuvre par des hommes et des femmes qui, à l’image des dirigeants de BP, n’hésitent pas à mentir.

Il en est ainsi du gouvernement Fillon quand il prétend « sécuriser le régime de retraite par répartition », fruit de l’engagement du « Conseil national de la Résistance » et « assurer ne pas toucher au montant des pensions ». Comment osent-ils dire cela, quand le montant des pensions est déjà victime des réformes Balladur-Fillon, avec à terme moins 20 % ? Ils mentent quand ils annoncent qu’ils vont toucher les hauts revenus et ceux du capital. 3,7 milliards d’euros, c’est bien peu comparé aux masses d’argent injectées pour sauver les banques. C’est bien peu comparé aux cadeaux fiscaux !

Une vraie mesure pour écorner le capital serait d’aligner la fiscalité du capital (hors épargne populaire) sur celle du travail. Une telle mesure représenterait des dizaines de milliards d’euros de recettes nouvelles.

Ni les déficits d’aujourd’hui, principalement causés par la récession, la casse de l’emploi et l’austérité, ni un "défi démographique" ne justifient les régressions actuelles.

La raison de cet acharnement est ailleurs. Elle n’est pas dans les discours de Fillon, ni dans les promesses électorales de Sarkozy. Non, la motivation on la trouve, par exemple, dans un éditorial de la revue « Challenge », de Denis Kessler, porte-parole du patronat, où il écrit je cite : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance (…). Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement (...) paraissent variées (…). A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance. » Fin de citation.

Un gouvernement, un président qui célèbrent à Londres l’esprit de la Résistance, mais qui à Paris détruisent avec un acharnement diabolique sa plus belle réalisation : le programme du CNR.

Nous ici, nous rendons avec sincérité et détermination hommage à toute la Résistance, et cet hommage nous le portons en défendant le sens du programme du Conseil National de la Résistance contre la droite et les spéculateurs qui le bafouent au quotidien.

Avant la dernière guerre, les Chefs de gouvernement de la 3e République allaient devant le Conseil des gouverneurs de la Banque de France, c’est-à-dire les principaux banquiers privés, pour recevoir l’investiture des milieux financiers avant même celle de l’Assemblée nationale.

Aujourd’hui nous vivons la restauration de cette pratique : les gouvernements européens cherchent à obtenir l’investiture des marchés financiers avant celle des peuples.

Plus que jamais, le capitalisme a besoin d’être remis en cause. Sauf à voir se réaliser le pire des cauchemars. Ce qui est à l’ordre du jour c’est bien de transformer radicalement cette société. Mais, nous en faisons le constat chaque jour, rien n’est automatique. L’ampleur de la crise, la force du renoncement peuvent ouvrir la voie à l’extrême droite. A l’image de ce qui se passe dans certains pays en Europe.

Là où il faudrait que les dominés se rassemblent, soient solidaires pour imposer d’autres choix, la division, le repliement sur soi, la xénophobie peuvent prendre rapidement le dessus, sur fond d’une abstention massive, comme celle que nous avons connue aux régionales. Cette abstention est une question posée à tout le monde politique, le parti communiste comme les autres.

Le gouvernement ne s’y trompe pas, il joue sur les peurs, sur tous les populismes pour mieux diviser et asseoir sa domination. Et cela peut aller très loin. il y a de quoi être inquiet.

Inquiet aussi de la situation à gauche. Certes la gauche globalement a gagné les régionales, mais pour autant, avons-nous gagné la bataille des idées, avons-nous gagné l’adhésion populaire ?

Notre peuple souffre, et il ne perçoit pas une alternative crédible. Notre peuple souffre, et il lutte. La liste est longue de ces conflits où les salariés se mobilisent et agissent, Pôle Emploi, La Poste, les travailleurs sans papiers, les cheminots, France Télécom, EDF/GDF, PLYSEROL, VALEO, RVI, le CHU et CHR, les enseignants beaucoup d’autres encore...

Des salariés en lutte pour sauver leur emploi, leur pouvoir d’achat, pour conserver dans ce pays des services publics dignes de ce nom. Des luttes pour gagner des droits, celui de pouvoir vivre dignement, de ne plus être contraint à la clandestinité. Des luttes pour le respect de la dignité humaine, marqué par le refus d’avoir comme seule perspective d’être jeté comme un mouchoir en papier. Des luttes où se mêlent l’espoir de s’en sortir et le désespoir face à l’arrogance du patronat et du gouvernement.

Notre peuple lutte, mais à ce jour, il ne perçoit pas un prolongement politique à ces luttes pour transformer cette société.

Transformer cette société c’est l’ambition que portent les communistes. Ce qui fonde notre engagement communiste, c’est de ne pas en rester au constat, c’est de ne pas se contenter d’apporter notre solidarité à celles et ceux qui souffrent. Ce qui fonde notre engagement c’est, de chercher dans l’action et le rassemblement à transformer la réalité. C’est avec cette ambition que nous proposons à tous… la démarche des Fronts. Avec, notamment, l’objectif de « la construction d’un Front progressiste et citoyen » pour « rassembler une majorité pour battre Sarkozy, la droite, le MEDEF et leur politique, pour trouver une issue de progrès social et humain à la crise du capitalisme, pour que ça change ! »

Pour avancer dans la voie d’un monde plus juste, plus digne, plus humain.

Et 2012, nous le voyons bien, se présente sous un jour très contradictoire. Les échéances politiques qui s’annoncent peuvent aussi bien ouvrir la voie à :
- une alternative réussie, c’est-à-dire à une majorité politique mettant en œuvre une politique de rupture progressiste, ou
- étouffer le nécessaire débat de projet dans le présidentialisme.

Serons-nous capables de faire triompher la première hypothèse ? OUI je le crois mais

Ce qui est à l’ordre du jour comme une urgence majeure, c’est bien une alternative au capitalisme. Une alternative de système, radicalement repensée dans ses objectifs et ses moyens, tirant les leçons des échecs passés, et capable de répondre aux défis considérables de ce 21ème siècle en mettant l’humain au centre de toutes les décisions.

Des forces considérables existent, les milliers de manifestants à Caen, Lisieux, Vire le 24 juin ne me démentiront pas, mais elles sont aujourd’hui stérilisées politiquement par l’absence d’alternative. Il faut travailler à les libérer.

Travailler, penser, énoncer les grands changements de société nécessaires, rendre crédibles leur mise en œuvre et les voies d’un rassemblement politique et populaire pour les rendre majoritaire.

Sur les retraites : les députés communistes et du parti de gauche ont déposé un contre-projet de loi. Ils font un certain nombre de propositions faisons les connaître.
- orienter les bénéfices vers l’emploi et les investissements
- mettre fin aux exonérations de cotisations
- taxer vraiment les hauts revenus et ceux du capital
- l’exigence de nouvelle répartition des richesses Oui, une majorité populaire peut se construire sur ces objectifs. Tout l’été, nous nous engageons à populariser ce contre-projet.

Je pense également à l’école, dont nous avons décidé de faire une grande bataille politique nationale et Je sais que les OS s’y préparent puisqu’un appel à mobilisation est lancé pour le 6 sep.

Croisons nos propositions et soumettons les aux français et je suis certain qu’une majorité populaire peut se construire.

Prenons les services publics. Ecole, l’hôpital, le transport, le fret ferroviaire, Eau, Energie, , le logement, la justice… la cote d’alerte est largement atteinte … un autre choix est possible et grandit le besoin d’une maîtrise publique du développement, d’un « âge d’or » du service public par la promotion et l’appropriation sociale des biens publics. Oui, une majorité populaire peut se construire sur cet objectif.

Prenons la question de l’argent et de son utilisation.

Grandit la nécessité de mettre un terme à ces gâchis, à cette hyper-croissance financière, et de reprendre le pouvoir sur les marchés financiers. Je pense en particulier à la nationalisation des banques pour former un pôle public bancaire susceptible de réorienter l’argent dans notre pays en changeant les critères du crédit. Oui une majorité populaire peut se construire sur cet objectif.

Prenons la question du travail.

Remettre au cœur des luttes le besoin de reconquérir du pouvoir sur le contenu et la finalité du travail, un travail débarrassé de ses aliénations, plus de temps de vie disponible par la réduction du temps de travail. Libérons la force de travail de la loi de l’offre et de la demande capitalistes pour aller vers une sécurisation de l’emploi et de la formation.

Hier sur la fête nous avons commencé à échanger avec les salariés, les organisations syndicales il faut continuer.

Oui, j’en suis convaincu, une majorité populaire peut se construire autour de ces questions mais aussi

sur la démocratie, l’égalité, la culture, le progrès scientifique, la paix… En tous domaines, engageons le débat sur les choix de société.

C’est le travail politique inédit auquel nous appelons tous les français : écrivons le pacte, le contrat populaire qui va nous unir et sur lequel nous dirons ensemble : voilà sur quoi et comment nous voulons que la gauche gouverne dans ce pays !

Ce que nous entreprenons est une bataille de longue haleine. Mais l’histoire nous bouscule. Car c’est maintenant, face au pouvoir de Nicolas Sarkozy, ce pouvoir arrogant et brutal. Face à un Président de la république qui préfère recevoir un footballeur que les associations caritatives, humanitaire et les OS. Face à un 1er ministre qui refuse d’entendre les millions de manifestants,

Il convient de construire ces réponses. Maintenant sans attendre !

La première condition pour ouvrir une alternative, c’est de résister à Nicolas Sarkozy et à ses amis de la finance. On commence à entendre ici ou là l’idée que face au pouvoir en place, rien ne serait possible pour les forces de progrès avant 2012. Nous voyons les choses autrement.

C’est Maintenant sans attendre !

Ne les laissons pas défigurer davantage notre pays. Trop de gens souffrent. Trop de vies sont brisées. Trop de dégâts irréparables sont commis. Les réformes de ce pouvoir sont minoritaires. le coup de force permanent ça suffit.

C’est maintenant sans attendre qu’il faut les faire reculer, qu’il faut les stopper !

Je lance donc aujourd’hui un appel à toutes les femmes et les hommes du calvados, à toutes les femmes et les hommes de gauche, à toutes les forces de gauche : « Ensemble disons clairement, d’ici 2012, non, Sarkozy n’avancera plus ! ».

Créons un groupe de contact permanent pour organiser la riposte. Plus une réforme ne doit passer sans que nous réagissions. Ne cédons plus un millimètre à ceux qui veulent faire payer la crise aux travailleurs. Multiplions les fronts de riposte dans tous les domaines ! Des rencontres sont déjà formalisée cette après midi à 14h30 un débat sur le thème « Crise quelle issue ! » aura lieux avec toute les forces de gauche du département.

Nous profiterons de cette rencontre pour fixer des rendez-vous avec toutes les forces de gauche, les organisations syndicales, les associations dès la semaine prochaine.

Les jeunes communistes qui s’engagent aujourd’hui sont un atout maitre dans cette mobilisation d’un parti porteur d’un projet anti-crise au cœur des rassemblements, porteur de liberté…. Un parti qui, à « 90 ans » est encore vaillant et plein de fougue, porteur d’espoir comme les jeunes qui le rejoignent….

Je voudrai profiter de ce moment pour Saluer les camarades du parti qui depuis des années, malgré les échecs, les blessures ont toujours relevés la tête pour être présents auprès de ceux qui souffrent et qui se battent et je pense particulièrement à Claude Letellier, Michel Pillet , Liliane Merle , Maryvonne Bayer, et beaucoup d’autres.

Un dernier mot et ce sera le dernier pour ce matin…je veux saluer les élus du parti communiste et les élus des forces de gauche qui nous ont fait l’amitié de participer à cette fête des coteaux. Hier ils se sont rassemblés lors d’une « rencontre débat » avec la population, les salariés, dans le cadre d’un appel national signé par toutes les associations d’élus de gauche.

Ces associations d’élus demandent aux parlementaires, dans leur diversité, aux centaines de milliers d’élus en France aux associations aux citoyens de notre pays à se mobiliser ensemble, pour obtenir le retrait du projet de cette réforme territoriale.

Réforme « qui porte les germes d’une régression démocratique unique dans l’histoire de la république », avec les élus exigeons le retrait de cette réforme.

Je vous invite à prendre connaissance de cet appel au stand de l’ADECR.et à vous joindre aux élus pour que cette réforme ne passe pas.

Construisons un pacte d’union populaire Oui une majorité populaire peu se construire, Oui un projet de gauche pour sortir de la crise est possible,

Tous ensembles construisons un front populaire du 21 em siècle.

Merci de votre écoute,