Emplois d’avenir ? emplois précaires !

Point de vue de la CGT


30 septembre 2013

Emploi d’Avenir ? De nouveaux emplois précaires pour les jeunes.

C’est ce que dénonce la CGT, demandant au gouvernement de durcir les conditions de subvention. « Où sont les CDI ? […] Seuls 10% des jeunes sont recrutés en CDI » et « près de 45% des jeunes sont recrutés sur des CDD de moins de 3 ans. Ce qui devait être l’exception tend à deve¬nir la règle », a souligné le syndicat.

Lancés en novembre 2012, les emplois d’avenir, des CDI ou CDD d’un an (renouvelable) à trois ans, visent à donner une première expérience professionnelle aux jeunes les moins qualifiés. Ils ouvrent droit pour l’employeur à une subvention (75% du Smic pour le secteur non-mar¬chand, 35% pour les entreprises privées) pendant la durée du contrat (dans la limite de trois ans).

Alors que le ministre du Travail a présenté un « bilan intermédiaire » du dispositif aux partenaires sociaux et aux régions, la CGT observe dans son propre bilan que « si les objectifs quantitatifs comme le ciblage des emplois d’avenir sur les jeunes les moins qualifiés sont respectés, les emplois d’avenir constituent par contre de nouveaux contrats précaires ».

Au 5 septembre, plus de 54 000 contrats avaient été signés et selon le bilan du ministère du Travail fourni aux partenaires sociaux, dans plus de 86% des cas, les recrues n’ont pas le Bac et neuf fois sur dix, les postes sont des temps pleins. Seule une minorité de contrats (10,8%) sont des CDI (4,3% des contrats signés dans le secteur non-marchand, 65,1% dans le privé) et 45,5% des CDD de 3 ans. Les autres (43,7%) ont une durée inférieure.

Pour « éviter que les emplois d’avenir ne soient un dispositif de traitement social du chômage », la CGT « exige » notamment que « les structures publiques » soient obligées « de recruter en CDD de 3 ans temps plein », les entreprises privées « en CDI temps plein ». La CGT réclame aussi « l’obligation, en particulier pour les employeurs du secteur marchand, de garantir une formation qualifiante au jeune » alors qu’une formation qualifiante n’est proposée que par 40% des employeurs du secteur non-marchand et un peu plus de 25% des employeurs du privé.

Interrogé par l’AFP, le syndicat Force ouvrière estime que les emplois d’avenir « ne sont pas dans la cible », rappelant comme la CGT que « le CDD de trois ans devait être la norme » .