Edito de P. Le Hyaric dans l'Huma-dimanche : Le vote Front de Gauche, seule voie pour tracer une vraie perspective politique à gauche !

Enfin une bonne nouvelle ! La gauche est de retour. Et c’est au Front de Gauche qu’on le doit. Le candidat du Parti socialiste disait en décembre qu’il fallait « donner du sens à la rigueur ». Aujourd’hui, comme nous, il dit qu’il faut s’attaquer à la finance. Il n’y a pas si longtemps, il envisageait une majorité avec Bayrou, homme de droite déguisé en centriste. Il a récemment clairement affirmé que sa majorité est dans la diversité de la gauche. Voilà des avancées qu’il faut mettre au crédit des évolutions de l’opinion publique auxquelles contribue la dynamique et rassembleuse campagne de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, au sein duquel les communistes prennent une part très active en déploiement militant et en créativité politique, même si les grands médias font tout pour le cacher.

Ceci ne signifie pas que la gauche soit devenue uniforme, en accord en tout point. Non ! Loin de là. Le programme de F. Hollande reste marqué par l’adaptation à la crise.


6 février 2012

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Mettre en évidence ces données nouvelles veut surtout dire que rien n’est encore réglé quant au programme qui permettra de battre l’hyper-austérité sarkozyste et de sortir nos concitoyens des souffrances sociales qui les assaillent. Mais que tout reste possible, dans un sens positif pour le monde du travail et de la création, grâce à l’efficacité de l’alliance du Front de Gauche qui fait bouger la situation en crédibilisant la possibilité de battre N. Sarkozy, en faisant reculer l’extrême-droite et en donnant un sens transformateur et populaire à la gauche et à l’écologie politique dans leur ensemble.

Plus nombreux sont nos concitoyens qui en prennent conscience. Ils ont fait progresser Jean-Luc Mélenchon de 4% à près de 10% des intentions de vote.

Fait d’autant plus encourageant que Jean-Luc Mélenchon et François Hollande progressent ensemble. Le risque, comme en 2002, d’une élimination de la gauche au second tour devient donc très improbable surtout que s’ajoute la stagnation, voir le recul du candidat-président. Dans ces conditions, bien plus grande est cette fois la liberté des électrices et des électeurs de gauche d’émettre un vote utile, efficace et sans danger afin d’ancrer la politique à gauche et mettre un terme aux politiques d’austérité et de chômage. Cela vaut le coup d’y réfléchir quand on partage le dur sort des six millions de personnes qui sont contraintes de vivre avec moins de mille euros par mois, ou celui des seize millions qui terminent le mois à dix euros près.

Au moment où ces lignes sont écrites, un seul bulletin de vote -c’est un fait- leur permet de dire qu’ils veulent une augmentation des bas salaires, des minima sociaux et des prestations sociales, la baisse des prix à la consommation, le bulletin Jean-Luc Mélenchon.

Ce n’est pas un hasard puisqu’il s’en donne les moyens grâce à un nouveau partage des richesses, pour la justice et l’égalité. Avoir du courage par les temps qui courent consiste à se placer du côté des petits, des humbles, de toutes celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre. N Sarkozy, lui, continue d’être obsédé par la rente des plus fortunés. C’est de ce côté qu’il faut prendre et pas parmi ceux qui n’ont rien, peu ou pas grand-chose, comme le propose trop souvent le candidat du Parti socialiste. Le courage, ce n’est pas de copier le modèle allemand et de se faire adouber par l’ultralibérale Mme Merkel.

C’est, en s’appuyant sur une dynamique de victoire en France, en appeler aux autres peuples européens pour refuser -et non aménager- un nouveau traité, corsetant les dépenses sociales et publiques et des droits sociaux.

Qui peut croire que nos concitoyens soient les seuls en Europe à être favorables au rachat par la Banque centrale européenne de tout ou partie de la dette des Etats ? Ou à estimer que ce serait une bonne chose si cette même banque impulsait un nouveau type de crédit, en lien avec des pôles publics bancaires pour que l’accès au crédit soit d’autant plus facilité qu’il sert l’emploi, les salaires, l’investissement utile et écologique ? Messieurs les bonimenteurs de l’austérité à perpétuité, donnez la parole aux populations et vous verrez que ne sont pas isolées sur notre continent les motivations de celles et ceux qui ont dit “non” chez nous à la Constitution européenne !Nous entrons dans cette phase de la campagne électorale où le débat sur la sortie de l’austérité va prédominer.

Prétendre qu’il y a trop de dépenses sociales ou trop de nos concitoyens qui vivent au dessus de leurs moyens pour expliquer la crise, c’est faire prendre les vessies pour des lanternes. Trop de richesses accumulées à un pôle de la société avec une paupérisation de l’autre pôle, voilà où se situe l’origine de la crise. En ajoutant de l’austérité, on ne fait qu’aggraver le mal. Pour s’en sortir, il faut s’attaquer à la finance spéculative au profit d’une vie meilleure pour les travailleurs. C’est un nouveau partage des richesses qui permettra de favoriser la rémunération du travail et des retraites, combiné à un nouveau crédit, à une modification des systèmes productifs qui fera reculer la crise dans ses dimensions économiques, sociales et écologiques. Trop de candidats essaient d’enfermer le débat dans le piège d’une acceptation de l’austérité à plus ou moins grande échelle. La droite, de Sarkozy à Bayrou, et l’extrême droite, sont sur ce créneau, en bons protecteurs des puissances d’argent. Ils veulent désormais tellement cacher cette donnée que, dimanche dernier, le Président de la République a expliqué une hausse de la TVA et une baisse des salaires par le fait qu’il s’agirait là de “la raison” ou “d’un devoir de réalité”, car “le clivage entre la droite et la gauche n’a plus de raison d’être”. Rien n’est plus faux ! La droite n’a pas changé. Elle sert sa classe : la classe capitaliste. La hausse de la TVA sert à faire un nouveau cadeau de près de treize milliards aux grandes entreprises.

Il reste moins de trois mois pour amplifier un mouvement qui s’est amorcé depuis quelques semaines et lui donner la force d’une dynamique irrésistible. Trois mois pour faire apprécier combien le Front de Gauche et son candidat peuvent, beaucoup plus encore, contribuer à la victoire et au succès durable d’une politique de changement qui réponde aux espoirs de celles et ceux qui n’en peuvent plus de souffrir.