EDITO

Europe : front contre l’austérité


8 octobre 2012

La manifestation du 30 septembre des partisans du non au traité européen a été un franc succès. Elle couronne une première étape de la campagne engagée dès cet été contre la ratification du traité européen : briser le mur du silence.

Nous sommes en train d’imposer le débat public dont on voulait priver les Français. Cette mobilisation montre aussi que des forces de plus en plus larges s’opposent à cette ratification : 65 organisations ont appelé à manifester, sans compter que le front du non va bien au-delà. Que des forces sociales et politiques, qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche, prennent cette initiative au nom d’une Europe solidaire est très important.

Notre combat est celui d’une rupture avec l’austérité pour une sortie de crise solidaire. Le gouvernement multiplie les rappels à l’ordre, arguant qu’il s’agit de donner de la force à François Hollande pour réorienter l’Europe. Mais ce sont ceux qui manifestent, ceux à gauche qui refusent de ratifier le traité au Parlement, qui donnent la meilleure chance à une réorientation de l’Europe, pas l’inverse. Car l’adoption du traité donnerait de la force au chantage des marchés financiers pour obtenir des normes drastiques de réduction des dépenses publiques. Or tout appelle à se dégager d’urgence de ces logiques d’austérité : les chiffres du chômage sont catastrophiques, les plans de licenciement se multiplient, la crise se développe, singulièrement dans les pays qui ont engagé l’austérité la plus brutale. Il faut donc, au contraire, des politiques mobilisant l’investissement public sur de nouveaux critères pour sortir de la crise.

Le vote à l’Assemblée aura lieu dès le 9octobre et au Sénat dans la foulée. Le débat parlementaire, grâce à la manifestation, se déroulera en pleine lumière et donnera à voir l’absence de consensus à gauche autour de ce traité et la forte exigence de rupture avec ses logiques. Nous devions être seuls à voter contre mais aujourd’hui, après la décision des écologistes et de certains députés socialistes – malgré les rappels à l’ordre du gouvernement, le front contre ce traité d’austérité s’élargit au Parlement comme dans le pays. C’est une bataille en plein développe¬ment.

Le 30 septembre n’a été qu’une étape. Au Parlement, elle se pour¬suivra avec la « loi organique » et le budget 2013. Nous engageons une bataille dans la durée. Nous amplifierons, en même temps et à la suite du débat parlementaire, la bataille pour un référendum. Car l’exigence démocratique de consultation des Français s’est renforcée considérable¬ment au fil de la publicité donnée à ce débat.

Nous construisons un front uni, large, durable contre les logiques d’austérité et pour des poli¬tiques de relance alternatives. La contrainte de ramener dès 2013 les déficits à 3% du PIB, par exemple, est de plus en plus contestée, y compris dans des cercles proches du gouvernement ou européens.

Les élus locaux sont en train de comprendre que les normes qu’imposerait le traité pèseraient négativement contre l’investissement public de leur collectivité.

Nous sommes à l’aube de la constitution de ces fronts contre l’austérité qui se déploieront dans les semaines et les mois à venir.