EDITO


28 novembre 2012

Qui a eu ces idées géniales  : « Baisser le coût du travail », « abolir les 35heures », « augmenter la flexibilité », « mettre fin aux avantages des fonctionnaires trop privilégiés par rapport aux emplois précaires », « réduire le poids de l’État dans l’économie », « lever les barrières à la concurrence », « baisser certains impôts », « réformer le système social, notamment les retraites »  ?

Il se trouve qu’elles émanent des cinq « sages » censés conseiller la chancelière allemande. Berlin, donc, voudrait imposer ses recettes directement à la France. Ces « pistes » là figurent largement dans les programmes du Medef et de l’UMP et sont largement reprises dans les argumentaires de leurs homologues européens comme dans les « préconisations » du FMI ou des agences de notation financières.

Si l’on voulait trouver une nouvelle raison pour démontrer le bien-fondé du refus des parlementaires communistes et du Front de gauche du pacte d’austérité accepté par la nouvelle majorité gouvernementale, puis des critiques qu’ils ont portées au « pacte de compétitivité » repris du rapport Gallois, elle réside dans ces deux points  : ces « recettes » ne font qu’augmenter les ravages de la crise économique et sociale  ; et, plus on concède de positions aux partisans de la jungle du tout-financier, plus ces derniers montrent les dents en en réclamant « toujours plus ».

Tout cela est bien loin d’une « révolution copernicienne », selon les mots du ministre de l’Économie, bien plus loin encore des aspirations de celles et ceux qui ont contribué à chasser Nicolas Sarkozy de l’Élysée. Les coupes dans les dépenses publiques, l’augmentation des impôts indirects, la conception selon laquelle le travail vivant et les salaires directs et indirects sont des coûts à réduire et non un atout de développement, bref ce que l’on appelle austérité, budgétaire ou salariale, ne font qu’accentuer la décroissance. Tout comme  : le poids des marchés financiers dans l’endettement public et privé, le poids des impératifs de rendement dans la conduite des entreprises avec comme conséquences l’assèchement de la demande intérieure, le recul industriel, la baisse des investissements et de la recherche. La nocivité de l’austérité commence à faire son chemin en France, en Europe.

En France, des salaries, les organisations syndicales ne baissent pas les bras. Des citoyens, des économistes, des pans entiers de notre société n’acceptent pas l’idée que la gauche va de nouveau se fracasser contre ce mur de la finance.

Le conseil national a décidé d’une grande campagne nationale sur le thème « l’alternative à l’austérité, c’est possible ». D’en faire notre feuille de route des six prochains mois, et d’y associer toutes celles et ceux qui veulent en être. Nous proposons une implication citoyenne très large : grand meeting national de lancement avec une série de réunions publiques en régions, de marches contre l’austérité, assemblées, ateliers législatifs, journées de mobilisation sur des questions précises permettant de faire la démonstration que des solutions existent.

Les débats organisés dans les sections, dans le cadre de la préparation du 36ème congrès, la réunion publique le 6 décembre à Caen sur la « refondation de l’école » participent à ces initiatives. Je vous invite à y participer.

Jean LEBON Secrétaire de la fédération