EDITO . Capitulation sociale et alternative de gauche


29 janvier 2014

L’année 2014 égrène ses premières semaines sous d’inquiétants auspices. 
De ses vœux télévisés à sa conférence 
de presse, et lors 
de son allocution aux forces vives (syndicats et associations), François Hollande martèle son credo libéral, n’en finit pas de prendre congé du socialisme. Le débat qui animait historiquement la gauche depuis un siècle sur les moyens à mettre en œuvre, sur le rythme à imprimer pour répondre aux demandes du monde du travail, objectif sur lequel tout le monde se déclarait d’accord, semble dépassé. Face à une offensive idéologique visant à imposer le modèle social-libéral tel que l’ont forgé au cours des deux dernières décennies Tony Blair en Grande-Bretagne et Gerhard Schröder en Allemagne, la gauche sera-t-elle en capacité de se ressaisir  ? Le débat n’est pas clos au sein du Parti socialiste. Le coming out ou la conversion – on l’appellera comme on voudra – de François Hollande n’y fait pas l’unanimité. Le désarroi de l’électorat de gauche, que traduit la marée basse des sondages de popularité de l’exécutif, est devenu une réalité durable.

Dans un tel contexte, le Front de gauche est placé devant des responsabilités nouvelles. Pendant plusieurs mois, ce Front, était moins audible. Ce climat désespérant pour des dizaines de milliers de citoyens était devenu inacceptable pour le monde du travail à l’heure du pacte de François Hollande. La rencontre entre le PCF et le Parti de gauche, permet de réenclencher une dynamique d’intervention citoyenne à la veille des élections municipales et européennes, même si tous les désaccords n’ont pas été dissipés.

C’est là l’enjeu principal du Front de gauche, il s’agit d’empêcher que l’espace politique et idéologique ne soit accaparé et obscurci par le consensus à l’œuvre entre l’exécutif, le Medef et la droite contre toute perspective de changement.

Oui, c’est le moment. L’heure n’est plus à attendre ce qui ne viendra pas. L’heure n’est pas non plus à se contenter de dénoncer la catastrophe programmée. Au-delà de nos différences, de nos débats, nous qui voyons venir le pire sans nous y résoudre, travaillons ensemble à un pacte de solidarité pour un autre avenir.

L’ambition est d’ouvrir une autre voie, pour sortir de cette impasse et redresser le pays. Et nous en savons la France capable. Capable, parce qu’elle a les moyens et que les forces de gauche existent. C’est à cette nouvelle voie, à cette alternative de gauche à la politique actuelle d’austérité et de compétitivité, que nous devons consacrer tous nos efforts.

A tous ceux qui refusent la voie sans issue de l’austérité, à tous ceux dont les doutes grandissent chaque jour, aux socialistes et aux écologistes qui ne se reconnaissent plus dans ces choix ouvertement socio-libéraux, aux salariés qui comprennent que plus aucun progrès social ne sera possible si on s’enferme dans ces choix, nous devons tendre la main et proposer un pacte de solidarité, un pacte pour travailler sans tarder à la reconstruction d’une politique de gauche qui alliera justice fiscale et sociale, nouveau modèle productif, transition écologique et nouvelle vie démocratique.

Nous sommes une majorité suffisante dans ce pays, pour ouvrir une autre voie et que le temps est venu de faire de nos espoirs isolés une force unie et rassemblée.