EDITO


27 février 2014

Le choix libéral d’Hollande est-il durable ?

A cette question, les communistes et le Front de gauche doivent y répondre par une réflexion et des actes à la hauteur des enjeux politiques et sociaux que ces décisions engendrent, pour une alternative de sortie de crise portée par des forces à vocation majoritaire.

De reculs en renoncements, de la baisse des dépenses publiques à l’augmentation injuste de l’impôt et de la TVA, du pacte de responsabilité au détriment des salaires, de la protection sociale : les conséquences en matière de creusement des inégalités, de l’emploi sont lourdes à supporter pour un grand nombre d’entre nous. Le pays continue d’être enlisé dans une crise sociale et écologique durable.

Ces choix structurent l’idée de fatalité voire de désespérance, favorisent la politique des boucs émissaires et attisent les racismes. Par les renoncements gouvernementaux, les repérages gauche-droite se réduisent sur les questions économiques. Le « tous pareils » ou tous pourris » est une remarque très entendue. Le Président de la République est au plus bas dans la confiance des Français. Ce contexte crée un climat délétère entretenu par la droite et l’extrême droite. Cette situation nous incite à refuser toute résignation.

Mettre en débat des propositions alternatives, d’autres choix économiques et être, ainsi, les artisans du rassemblement le plus large et sans exclusive doit devenir une priorité.

Pierre Laurent nous y invite : « Cette situation pose une question à toutes les femmes, à tous les hommes de gauche, à tous les socialistes. .. Nous avons besoin que des voix diverses, venant de toutes les familles de la gauche, s’expriment avec force pour refuser le cap annoncé par F. Hollande et pour construire un rassemblement qui porte d’autres choix politiques et une alternative à cette politique d’austérité, une alternative qui soit authentiquement de gauche ».

D’autres forces politiques s’interrogent elles aussi, par exemple, à l’occasion d’un séminaire du Bureau National du PS, 35% de la direction a publié un texte « n’y a pas qu’une seule politique possible ». Ainsi, le rassemblement pour des exigences de justice, de rupture avec les inégalités au contraire des abandons gouvernementaux actuels peut s’élargir. Ayons en tête que malgré les blocages actuels au sommet, toute règle - aussi ancrée et durement défendue soit-elle par les tenants de l’ordre établi - peut être bousculée par la conjugaison des nécessités et des luttes.

Ce principe est plus que jamais à l’ordre du jour des élections municipales. Celles-ci peuvent être l’occasion, à partir de projets locaux construits par la gauche rassemblée et répondant aux attentes populaires, notamment en matière de services publics et d’emplois, qu’un plus grand nombre de gens de gauche puissent concrètement entrer en résistance. Ainsi pourraient se préparer les rassemblements majoritaires ultérieurs nécessaires pour changer de cap à gauche, au lieu de laisser se refaire la droite et proliférer l’extrême-droite.