EDITO

36e congrès du PCF


1er novembre 2012

Le conseil national a adopté le projet de résolution du 36e congrès, proposant le cap d’un parti utile au changement dès maintenant. Le choix de poursuivre la stratégie du Front de gauche y est réaffirmé, après l’appréciation positive portée sur ses résultats électoraux. À l’heure où les choix du gouvernement socialiste s’orientent vers la rigueur et où la « pression revancharde » de la droite et du Medef sait se faire entendre, engendrant chômage et précarité, le PCF se propose d’être un parti utile au changement et d’agir dès maintenant pour l’obtenir. « Nous voulons changer le monde ! » telle est l’ambition affichée en tête de son document, désormais soumis aux militants en vue du 36e Congrès.

« Cette ambition correspond à ce que nous estimons nécessaire mais aussi à ce que nous pensons possible de réaliser », affirme Pierre Laurent, secrétaire national. Le projet de résolution pour le congrès en formule l’exigence et en dresse les premières pistes. La tâche peut paraître rude. « Gagne aujourd’hui l’idée que le champ des possibles est minuscule », il suffit d’observer le débat public sur le financement de la protection sociale qui est réduit à l’alternative entre augmenter la « TVA ou la CSG ».

« La colère et la déception montent », tandis que le sondage publié par le « Journal du dimanche » tend à montrer que cette situation favorise une remontée de la droite et de l’extrême droite, plutôt que des forces porteuses d’une réelle alternative. Conscient que capitaliser sur la déception n’est pas la solution, le PCF propose de relever les manches pour « gagner des avancées immédiates ».

Pour faire bouger les lignes, la stratégie du Front de gauche est réaffirmée par la direction du PCF, qui n’entend pas laisser dépérir la dynamique suscitée par les dernières échéances électorales, où Jean-Luc Mélenchon a recueilli 11,1% des voix à la présidentielle et où ses candidats aux législatives ont enregistré de fortes progressions en voix sur 2007 (7%, contre 4,7%).

Elle propose ainsi, d’abord à ses militants puis à ses partenaires, un « débat sans tabou » sur cette forme politique unique en son genre en avançant l’idée d’une « coopérative » pour contribuer à « l’émergence d’un nouveau Front populaire ». Mais, plus encore, de lancer une campagne, intitulée : « Et vous, quels changements de société voulez-vous ? », dont la perspective serait des « assises du changement » à l’automne prochain.

« Notre devoir est de prendre plus que jamais l’initiative pour rassembler et mobiliser les forces du changement », insiste Pierre Laurent, proposant d’appliquer la méthode à la préparation du congrès avec cinq grands rendez-vous ouverts sur la société. Explosion du chômage, exacerbation de l’exploitation, des dominations et des divisions entre salariés sont autant d’éléments du tableau de crise dressé et qui appellent les politiques de rupture dont le PCF se veut porteur et à l’égard desquelles le PS n’est pas jugé à la hauteur.

Ne pas sous-estimer les potentialités nées de la crise, qui « doit aussi être envisagée comme une opportunité car elle est un moment d’affrontement de classes et pas simplement de domination ». « Il s’est passé quelque chose en Europe à travers la crise, c’est la critique de la finance et le refus de l’austérité. »

L’adoption du traité européen ne devrait d’ailleurs pas sonner le glas de la mobilisation pour une Europe solidaire. Si, pour certains, « les pigeons ont gagné sur Facebook quand le peuple a perdu dans la rue », pour la plupart, cette « bataille a permis de montrer les contradictions du gouvernement et d’élargir le front contre l’austérité ».

Le PCF entend poursuivre et amplifier cette dynamique unitaire, notamment en France, lors de l’examen au Parlement du budget 2013 ou du financement de la protection sociale. Mais aussi à une échelle continentale, avec « des listes d’un Front de gauche européen élargi pour rassembler toute les forces transformatrices » aux élections de 2014 et des « forums progressistes pour la refondation de l’Europe ». L’objectif ? Rien de moins que « faire sauter le verrou de l’Europe austéritaire »