Déclaration de Joël JEANNE Conseiller communautaire concernant la dissolution de VIACITE

Conseil communautaire du 11 décembre 2014

Dissolution du syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération Caennaise et présentation du nouveau réseau de transport en site propre (remplacement du TVR par un tram fer en 2019).


15 décembre 2014

Déclaration de J.JEANNE Conseiller communautaire

En préambule, je ferai remarquer qu’il y a eu un « bougé » entre le rafistolage de tram expérimental bombardier, défendu par R. Thomas avant les municipales et le renouvellement en tram fer proposé par le président de l’agglomération aujourd’hui, un pas a été franchi.

Cette demande de dissolution du SMTCAC, à l’ordre du jour du conseil d’agglomération me donne l’occasion de réaffirmer combien les transports publics doivent être les garants du droit au transport et à l’accessibilité sur l’ensemble du territoire de Caen la mer.

-  Nous n’avons pas oublié, que cette intercommunalité s’est structurée, sur la base d’une volonté commune des élus de l’époque, de mettre en place un réseau de transports en commun, avec comme mission de desservir les villes du district.

-  Ensuite cette action, s’est trouvée renforcée par la mise en œuvre d’un mode de transport en site propre avec l’implantation du TVR, le renforcement du réseau bus en 2009 et l’adoption, en fin de mandature, d’un nouveau projet de mobilité pour les 25 prochaines années.

-  On ne peut pas se satisfaire que ce projet de mobilité adopté en son temps à l’unanimité ait été revu à la baisse alors qu’il y a un fort besoin de transport en commun dans notre agglomération.

-  Cette décision, ne doit pas nous faire oublier, qu’un grand nombre de familles, consacrent plus de 15% de leur budget au transport.
- Cette décision ne doit pas nous faire oublier que dans certains quartiers 30 % de nos concitoyens ne disposent pas de moyen de transport individuel.

- Elle ne doit pas nous faire oublier non plus que le transport en commun participe à la préservation de notre environnement.

-  Enfin, nous devrons dans la période qui s’ouvre continuer notre réflexion et nos actions pour apporter des réponses adaptées à cette question du droit au transport et à la mobilité.

Alors, faut-il dissoudre VIACITES ?

Ce syndicat mixte a fait ses preuves si l’on se place du point de vue des réponses aux besoins et du maillage du territoire de Caen la mer. J’ajouterai que Viacités a constitué un lieu de travail, de réflexion, d’expertise, de proximité entre les élus qui se sont investis et une structure syndicale, composée de techniciens compétents. Dans le même temps, Viacités a constitué un outil de proximité avec les collectivités, pour renforcer la vitesse commerciale et l’accessibilité avec l’implantation des quais de plain-pied . J’ai eu l’occasion d’exprimer en comité syndical du 30 septembre dernier que nous sommes confrontés à une opération que j’ai qualifiée, de sabordage d’une structure qui a fait ses preuves. J’ajouterai que l’opération de mutualisation avec les services de Caen la mer, avancée comme un élément déterminant du choix de la dissolution, va se trouver facilitée par le départ d’une bonne partie de l’encadrement du syndicat vers d’autres horizons professionnels ! Je voudrais dire aussi que ce choix de dissolution s’appuie sur des considérations politiques que je ne partage pas. Il s’inscrit dans des logiques de recentralisation, en lien avec la loi du 16 dec 2010, portant sur la réforme territoriale.

Ce choix est à rapprocher des réformes en cours qui s’inscrivent dans les mêmes logiques de réduction de la dépense publique, logiques qui au quotidien affaiblissent nos territoires et nos services publics. Pour conclure mon propos, je reviendrai sur la « clarification des financements » qui est évoquée, pour justifier la dissolution du syndicat et j’ajouterai que le gel annoncé de la subvention de Caen la mer pour toute la mandature va fragiliser le nécessaire renforcement des dessertes des collectivités périphériques. Il n’y a pas que la ville centre à irriguer. C’est pour cette raison que nous avions dans la mandature précédente augmenté la subvention de 3% chaque année, avec la volonté de consolider le réseau-bus.

Cette décision de dissolution, s’inscrit dans les logiques d’austérité mises en œuvre aujourd’hui. IL est en effet plus facile de « taper » dans les budgets des collectivités locales, dans la poche des usagers, que d’aller chercher l’argent là où il se trouve.

J’ajouterai une dernière remarque :

-  Si l’on veut effacer la dette publique, il faudrait prolonger de 40 années la purge budgétaire actuelle que l’Etat, via le Projet de Loi de Finances 2015, s’apprête à nous servir en étrennes.

-  Autant dire que c’est du côté des recettes, c’est-à-dire de l’efficacité économique des prélèvements fiscaux, qu’il faut trouver la solution à nos problèmes de financement du transport en commun. Pour toutes ces raisons, que je ne suis pas seul à exprimer ce soir que je voterai contre la dissolution du syndicat des transports.