COMMUNIQUE DE JACKY HENIN DEPUTE COMMUNISTE AU PARLEMENT EUROPEEN

TOUS DANS LA RUE LE 29 JANVIER POUR EXIGER QUE L’ARGENT AILLE AUX SALAIRES ET A L’EMPLOI : VOILÀ LE VRAI PLAN EUROPÉEN ANTI-CRISE !


26 janvier 2009

La crise est là. Elle est passée de l’univers de la finance au monde réel. Les "rois de la finance" commencent à faire payer la crise de leur système à l’ensemble de la société. Cela fait mal, très mal. Intérimaires à la rue, zéro embauche pour les jeunes, désindustrialisations et licenciements massifs, crédit inexistant pour le commun des mortels, explosion des frais bancaires. Dans le bâtiment, les services, l’automobile, la destruction de centaines de milliers d’emplois est déjà programmée.

Le gouvernement s’est porté au secours des banquiers à coup de milliards, sans véritable contre partie. Malgré tous ces cadeaux, les banques continuent à rationner le crédit pour les particuliers et les petites entreprises alors que leurs actionnaires reçoivent toujours des dividendes juteux.

Si le gouvernement met toujours plus d’argent public à disposition des banquiers et des marchés financiers, il reste sourd aux souffrances et aux besoins des vraies victimes de la crise : les salariés, les sans-emploi, les retraités.

Pour le patronat, la Commission européenne et Sarkozy, l’équation est simple : les salaires, les retraites, les prestations sociales, l’emploi sont les variables à ajuster vers le bas, pour continuer à tirer les dividendes versés aux actionnaires vers le haut. Or c’est justement ces choix politiques qui sont les causes premières de la crise. Elles sont structurelles à un système qui arbitre systématiquement la répartition des richesses produites au profit du capital et au détriment de la rémunération du travail.

Ainsi, comment peut-on s’étonner qu’il y ait une crise de l’automobile, lorsque dans le même temps le gouvernement Sarkozy Fillon mène une politique de réduction des prestations sociales et de déflation salariale délibérée, avec la remise en cause des 35 heures, des prestations de retraite et de santé ? Ces réformes ultralibérales affaiblissent le pouvoir d’achat des ménages, les poussent à épargner lorsqu’ils peuvent, et découragent bien sur l’acquisition de biens chers tels que les automobiles.

Sortir de la crise implique de reprendre le pouvoir sur la finance, en réquisitionnant les banques dans le cadre d’un pôle public français puis européen afin de rétablir un fonctionnement normal du crédit, et de réorienter l’argent vers l’emploi, les salaires et la formation. Pour cela, il faut changer les rapports de forces politiques dans notre Pays et en Europe. C’est pourquoi il est si important que des millions de salariés et de retraités descendent dans la rue le 29 janvier pour refuser de payer la crise d’un système qui les dépouille du fruit de leur travail.

Jacky Hénin

Député communiste au Parlement européen